La femme objet

Publié le par gribouille

Mesdames, si votre partenaire vous secoue dans tous les sens, sans craindre de pousser le bouchon un peu loin, c'est qu'il vous prend pour une bouteille d'orangina. Parlez lui doucement, tentez de l'amadouer.

D'autres, plus mâles, vous serrent tellement fort qu'il doivent se penser dans une salle de musculation et qu'ils vous confondent avec une haltère. A moins qu'ils ne vous aient prise, les pauvres chous, pour leur doudou qu'ils ont peur de perdre. Je ne sais trop quoi vous conseiller pour ces cas là. Peut-être serait-il judicieux de feindre un malaise : poussez un râle capable d'ameuter les danseurs tout autour et faites vous faire un bouche à bouche par un beau tanguero compatissant.

Quelques uns, l'espèce la plus rare précisons-le, vous ignorent tellement bien que vous n'êtes pas certaine qu'ils vous aient vraiment vue. Entre les danses, ils regardent au loin, à droite, à gauche, mais surtout, ils ne vous regardent pas. Ils semblent même danser seuls. Je pense qu'ils vous ont prise pour une potiche, un truc décoratif, une chose pour faire comme si. Ne vous vexez surtout pas, contentez vous de lui mettre un coup bien senti dans les parties, question de lui rappeler que vous existez.

Il y a ceux qui savent trop bien qu'ils ont à portée de leurs mains fureteuses et furtives tous les attributs de la femme: Ils vous ont tout simplement assimilée à une poupée. Evitez de faire un esclandre, allez manger discrètement une gousse d'ail, profitez-en pour vous rouler dans un caniveau et revenez vers lui le sourire aux lèvres.

Vous pouvez être encore bien d'autres choses, une éponge, un reposoir, que sais-je, un bidule, un machin ou une machine.... Faites donc part de votre expérience si vous le voulez....

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Que Bonita Senorita Hey!!! 03/12/2015 13:11

Les femmes, yé les admirent tellement... Yé les admirent le matin, yé les admirent le midi et yé les admirent le soir!

Alain 02/10/2015 20:08

Sans vouloir être mâle venu, voici la réponse du danseur à la danseuse ...

La première fois que je suis allé en milonga, je venais tout juste d’apprendre à marcher seul.

J’avais choisi l’endroit au hasard.
Une salle, comme souvent à Paris au fond d’une cour, un digicode qu’il faut connaître, un escalier de bois aussi raide que mes jambes inexpérimentées, un rideau rouge derrière une porte qui grince.

Encore hésitant, château branlant sur mes pieds chaussés de neuf, j’avais de plus décidé d' une tenue assez inadaptée, chemise au col trop haut, pochette, cravate, certes assorties à la couleur de mes yeux, mais nouée trop serrée comme ma gorge asséchée.

J’entre, déjà la musique m’envoûte, c’est d’abord pour elle que je suis là.
Piazzolla, Pugliese, Cardel, Roberto Goyeneche, mais aussi Otros Aires, Daniel Melingo, je n’y connais pas grand chose encore mais je les aime tous.

Puis les danseurs, ces couples que je trouve merveilleux, je l’ai dis, je n’y connais pas grand chose encore, mais ils me paraissent tous si légers, si élégants, concentrés, ici et ailleurs en même temps.

Puis les femmes, je devrais dire les danseuses, car dans cette enceinte, cette piste, cette arène, ce n’est pas la femme que je dois voir, seulement la danseuse.

Pour la plupart elles sont élégantes, aguichantes, souvent sexy, parfois très belles.
Les plus jeunes sont invitées sans cesse par ce qui me paraît être les meilleurs danseurs.
Les plus âgées attendent, plancha doras, (je trouve ce terme bien plus que joli que l’expression faire tapisserie, mais c’est bien la même chose) assises, un peu résignée d’être les oubliées du bal.

Je suis venu pour danser, mais toutes celles que j’aimerais inviter, me filent sous les nez.
Je n’ai jamais le temps de m’approcher que déjà elles sont dans les bras d’un autre !
Je suis déçu, dépité, prêt à repartir et arrêter la danse pour faire de la boxe ou du judo.

Puis je la vois de loin, mince, assez grande, des chaussures de tango très élégantes, de jolies jambes, de jolies cuisses fines aussi que dévoile sa jupe fendue, un petit haut noir, quelques strass, de beaux cheveux longs, blonds comme un soleil de printemps.
Je me précipite, ignorant que je suis des règles du cabeceo, je risque le refus dégradant, mais dans ma candeur de débutant, je fais fi de cet affront éventuel.
Elle ne danse pas, ne se lève pas pour un autre.

De tout près je constate qu'elle est un peu âgée, pour ne pas dire très âgée, trop sans doute pour intéresser les danseurs confirmés.

Je m’approche encore, elle me regarde d’abord impassible, puis franchement amusée de me voir si gauche.

Alors timidement, je l’invite.
Puis-je, Madame vous conduire sur quelques pas ?
Je suis tout à fait débutant, alors il vous faudra sans doute être très indulgente.
"Mais Monsieur, tout le monde à débuté un jour et je serai charmée de danser avec vous."

Nous avons fait une tanda, puis deux puis trois, tango valse et même milonga, elle sentait bon, elle avait les cheveux si doux, elle dansait à merveille.

Alors on ne s’est plus quitté de la soirée faisant, une fois de plus fi des conventions.

Voyez-vous, ami danseur, vous qui débutez votre chemin du tango, c’est grâce à cette Dame si charmante que je suis depuis devenu professeur de danse !

Alors désormais, chaque fois que je vais en milonga et qu’elle est là, je danse toujours ma première tanda avec elle.

Al1 le danseur78

Claudine 29/09/2015 09:22

Ceux-là, je les ai rencontrés aussi. J'ajouterai à la liste ceux qui veulent vous faire croire que vous êtes l'Unique, et qui ne cherchent qu'à capter l'attention de toutes les femmes (les narcissiques) ; il y a ceux qui croient que, parceque la danse a été harmonieuse, vous allez investir le restant de votre vie avec eux et vous en veulent ensuite de ne pas vous conformer à leur attente.
Le seul moment où nous ne sentons plus seule dans la danse c'est avec celui qui s'accorde avec votre sensibilité, et réveille la princesse qui est en vous. Mais celui-là il est rare, très rare...

gribouille 29/09/2015 16:04

:) Les deuxièmes dont tu parles sont des utopistes. Pourrions nous leur en vouloir d'idéaliser ? J'aurais bien des choses à écrire là dessus. Mais juste un exemple (d'un homme que je n'ai jamais revu, il devait être d'ailleurs) : au bout d'une tanda ou deux, il m'invitait à faire du bateau avec lui et à partir pour un festival je ne sais plus où... Il a très mal pris mon refus, et ne semblait pas même en comprendre la raison. N'avons nous jamais été trompés nous mêmes par des évidences qui ne le sont que pour nous et qui s'avérent de fait avoir été que des illusions ?

Sans réveiller la princesse qui se love en nous, tout de même, la danse est un joli partage pas si rare que ça, non ?