Quand ça ne veut pas....

Publié le par gribouille

Quand ça ne veut pas....

Que se passe-t-il donc qui assèche mon inspiration, ensommeille mon esprit, éteint toute vélléité d'accrocher à mes pas dansés quelques mots bien sentis ?

C'est peut-être l'effet du quotidien qui use et corrode les lieux de danse. La routine s'installe, la banalité s'impose comme entre deux amoureux qui s'assoupissent dans leur confort. Oh, il ne s'agit pas de désamour, non, mais il manque les coups d'éclats, de gueule ou de foudre, peut-être de théatre. Bref, le truc qui dissone et sonne fort, qui fait vibrer et réveille, qui ne laisse personne tranquille et endormi. Le truc qui pourrait me donner à écrire.

Dois je raconter comment avant hier soir dans une salle aux 3/4 vide je me suis mise à compter les ronds, comme d'autres les font dans l'eau ? Ou comment la fois précédente, assise près d'une fênetre qu'un danseur tout en sueur se plaisait à ouvrir, j'ai attrapé un rhume qui m'a clouée au lit deux jours ? Ou encore comment, rendue invisible comme par magie dans une autre milonga, ma voisine de gauche, puis de droite, étaient invitées tour à tour, pendant je m'interrogeais sur ma mise (une moustache m'est-elle poussée sur le visage ? ma robe porte-t-elle une tache infamante ?)?

Certes, ces passages à vide ne sont jamais que provisoires. On veut croire qu'ils préparent et annoncent quelque chose de grand. Patientons alors. Tenons-nous prêt.

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SuperNem 02/11/2015 19:44

j'ai trop bien dansé hier

SuperNem 08/11/2015 10:03

Allons vérifier si la nasse est toujours bien pleine. Il faut que je pense a faire de la place et un tri dans ma besace ...

gribouille 03/11/2015 08:09

hé oui, c'est toute l'histoire des milongas. A votre disposition, une nasse bien pleine : il vous suffit de tendre la main. Pendant que vous dansez, nous autres femmes attendons.
C'est bien pour vous les hommes, ça nourrit votre sentiment illusoire de puissance sans qu'une quelconque force ne soit utilisée. C'est inoffensif quoi.

Claudine 20/10/2015 11:48

Ces "passages à vide" seraient-ils comparables aux silences dans des phrases musicales ?...Ce serait alors plus poétique que cela en a l'air...Ou bien encore comme un terreau sur lequel pourra germer la graine...Même si ce n'est pas des plus agréables (bien sûr que je connais ça aussi), c'est une période qui permet de voir en nous-mêmes ; quelles sont nos peurs, nos angoisses, nos désirs enfouis, nos espoirs ; une remise en question, en effet qui permettrait de faire place nette pour un inconnu fertile....C'est l'automne, la nature va entrer en sommeille, prenons exemple ; on ne peut pas tout maîtriser ; acceptons plutôt ce que l'instant nous propose, même si c'est en apparence Rien" Juste faire confiance : je sais, c'est pas facile lorsque l'on est impatiente....c'est la leçon peut-être....

gribouille 23/10/2015 10:24

ces trois fois rien sont tout, rien d'autre que l'épure du tango.

Alain 23/10/2015 08:58

Çà tient à peu de chose une tanda réussie, un rien, un regard qui invite, un sourire qui accepte.

Ça tient à peu de chose une tanda réussie, deux fois rien comme deux souffles qui s’accordent sur une même respiration.

Çà tient à peu de chose une tanda réussie, trois fois rien en somme, un abrazo (1) tendre sur une bonne musique, une étrange étreinte magique qui, mine de rien, devient câlin et l’ambiance du moment bascule du néant au sublime.

(1) Abrazo, mot espagnol qui signifie à la fois « étreinte » et « câlin », voilà qui n’est pas rien !