Âme sensible s'abstenir

Publié le par gribouille

Vous m'excuserez une petite note bassement matérielle.

Descendons, si vous le voulez bien, les hauts plateaux du sublime, sphère dans laquelle, entre gens coutumiers des cimes nirvanesques du bon esprit, nous nous épanouissions jusqu'à lors, pour venir tremper nos pieds dans la fange pécuniaire des milongas parisiennes. Il ne faut pas m'en vouloir de devenir si terre à terre, mais c'est qu'une pointe d'inquiétude, un petit frisson d'agacement également, m'ont parcourue lorsque j'ai constaté qu'il y avait de plus en plus de milongas à (excusez les grossieretés qui suivent) 10 ou 12 euros. Bon, bien sur les impératifs économiques, la crise, l'inflation, le prix d'un billet de cinéma, etc. Hé arrêtez là l'argumentaire. Mon porte-monnaie n'entend pas raison !

J'imagine que beaucoup (surtout pour les aficionados qui n'auraient pas d'autres activités), même si on trouve là « un ramassis de romanos » (dixit le patron d'une boite de Paris qui a arrêté le tango du fait, j'imagine, de cette prétendue impécuniosité des danseurs) peuvent se permettre de payer ces entrées. Je les vois déjà tordre du nez en lisant mon post malodorant.

Pour ma part, 10 euros c'est le maximum que je peux et veux bien mettre (hors festival), et ce, de manière relativement exceptionnelle. Parce qu'il m'est arrivé déjà de payer 10 euros et (peut-être parce que je n'étais pas restée sagement assise quelques heures durant pour attendre d'autres hypothétiques invitations ) de ne danser que deux fois : 5 euros la tenda, ça fait cher, et ça fait chier lorsque la tanda est merdique (bouh, en plus d'être pingre, me voici malpolie). Parce qu'on n'est jamais sur, surtout quand le nombre des milongas est important dans la journée, qu'il y ait du monde. Parce que, quand on pratique le tango, sinon assidument du moins régulièrement, ça peut commencer à peser dans un budget : hé oui, les impératifs économiques, la crise, l'inflation, le prix d'un billet de cinéma, etc.

Et puis surtout, plus essentiellement, parce que, quand on paie 12 euros, on ne s'eclipse pas au bout d'une heure pour aller tenter sa chance ailleurs. C'est ma liberté qui se trouve rognée ici. Et c'est la libre circulation des danseurs qui se trouve freinée.

Imaginez un Paris tout en effervescence où danseurs et danseuses iraient de milonga en milonga, se croisant et se recroisant, se posant là ou ici pour peut-être repartir tenter sa chance ailleurs, perégrinant des soirées entieres dans un va et vient incessant et un renouvellement permanent. S'instaurerait un jeu de chaise musicale qui donnerait à tout cela un air de fête qui ne nous confinerait pas dans un lieu précis sous pretexte que l'entrée était chère.

Cela étant dit, reprenons vite de l'altitude et rejoignons les sommets du bon gout. Je ne voudrais pas que vous vous embourbiez plus longtemps dans ces considérations de comptable... allez ! Du nerf ! Haut les coeurs ! Reprenons notre ascension...

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Lise 13/01/2016 17:37

En juin dernier , tu laissais un message sur le blog de mes 18 ans, le Tango de la Gribouille. J'écris encore, ailleurs : https://saharabande.wordpress.com/ Et j'ai aimé te lire !

gribouille 13/01/2016 19:39

Tu reviens de loin... :)
Je viens de visiter ton blog. J'y ai laissé un com, j'y retournerai. Tu as une voix singulière.

Que Bonita Senorita Hey!!!! 03/12/2015 13:05

Dans la course effarée et sans but de ma vie
Dédaigneux des chemins déjà frayés, trop longs,
J’ai franchi d’âpres monts, d’insidieux vallons.
Ma trace avant longtemps n’y sera pas suivie.

Sur le haut des sommets que nul prudent n’envie,
Les fins clochers, les lacs, frais miroirs, les champs blonds
Me parlent des pays trop tôt quittés. Allons,
Vite ! vite ! en avant. L’inconnu m’y convie.

Devant moi, le brouillard recouvre les bois noirs.
La musique entendue en de limpides soirs
Résonne dans ma tête au rhythme de l’allure.

Le matin, je m’éveille aux grelots du départ,
En route ! Un vent nouveau baigne ma chevelure,
Et je vais, fier de n’être attendu nulle part.

gribouille 03/12/2015 17:24

Charles cros peut être
Quelle belle invitation a tenter de nouveaux chemins!

Que Bonita Senorita Hey!!!! 03/12/2015 13:06

... Sauf peut-être en milonga?

SuperNem 09/11/2015 15:36

J'aime l'idée de faire payer une tanda plutot que la milonga ...
J'imagine les impétueux certains de leur techniques mais n'ayant aucune oreille musicale et encore moins de charisme, commencer la soirée au ticket le plus haut , allez soyons fous 50 euros la Tenda mes petites dames, profitez en il n'y en aura pas pour toutes. Puis voyant que cela ne prends pas tel les camelots ils seraient amener à baisser leur prix !!! cela serit trop drole

gribouille 09/11/2015 16:49

Eh c est l organisateur qui doit récolter les sous
Et puis 50 euros! Comme tu y vas! A ce prix tu te paies un taxi dancer (je crois que c est le terme)
Sinon l idée est plutôt bonne : ce serait plus les femmes qui racoleraient mais les hommes :)

Claudine 08/11/2015 13:13

Les arbres les plus hauts, sont ceux qui s'enracinent le plus profondément....Au 19è siècle, les mécènes entretenaient les danseuses..Aujourd'hui nous avons gagné notre liberté et notre indépendance, et elle a un prix, parfois très cher....Alors, si certaines milongas abusent sur le prix de leurs entrées on peut leur préférer celles plus intimes avec un prix plus "sympathiques". On peut aussi aller faire du vélo de temps en temps, mais je te l'accorde, rien à voir avec le tango.....