Au fil du temps

Publié le par gribouille

De milonga en milonga, au fil du temps, des changements, parfois presque imperceptibles, se font chez les danseurs. Quelques rides de plus, ou simplement  plus creusées, qui, dans les lumières tamisées des milongas, ne se discernent pas toujours, mais se laissent deviner sans qu'on en comprenne l'origine, dans un regard fatigué, une expression de bouche moins tendre. Un brouillage des traits. Un épaississement de la silhouette. Dans quelques rares cas, on peut être témoin d'un écroulement des chairs : le temps qui a déboulé d'un coup. Parfois on assiste à un soudain rajeunissement et on envie celle qui a su trouver la fontaine de jouvence dans quelque grimoire de sorcier en blouse blanche. Ici un ventre qui a doublé de volume : conquête du mâle qui a trouvé ce subterfuge pour en imposer ; là un dos qui se courbe toujours plus : l'appel lancinant de la tombe peut-être bien. Des cheveux clairsemés. Des talons moins hauts. L' usure prend son temps, se fait insidieuse, - sinue dans les corps - s'insinue partout.

Mais toujours, ou presque, - et en ce presque, toute l'étendue de notre condition de mortel -  l'amour du tango comme preuve d'une jeunesse jamais  perdue, - pas totalement perdue...

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Claudine 06/03/2016 18:25

J'ai bien lu et relu ton article tu parles bien des danseurs et non des danseuses ! Ah mais oui car Nous on ne vieillit pas ;on s'epanouit on se maintient, on évolue ; ces petites rides qui font notre charme . Mais quel âge peur elle bien avoir ? : 35, 40,.45, 50 ? Plus ?...

Claudine 06/03/2016 18:40

Mes illusions s'écroulent Bon tant pis :.quand on danse on est jeune !

gribouille 06/03/2016 18:33

Ah n'on je parle des danseurs et danseuses, sans discrimination