Chasse à courre en milonga, sans meute, avec, dans le rôle du chasseur : le con

Publié le par gribouille

Une tenda. Puis deux.Tout va bien, je souris, m'intéresse à ce qu'il dit. Godiche ! Deux tendas, tout va bien mais ça reste très largement suffisant. Apparemment il en veut d'autres. Toutes ? oui sans doute. Mais voilà, je n'ai pas du tout envie de faire ma vie avec lui. Pour la bague au doigt, on en reparle dans quelques décennies, hein ? Mais il lache pas l'affaire. Alors, pour le reste de la soirée, me voici, à devoir feinter et esquiver. Dans l'angle de mon champ de vision, sans cesse, sa silhouette à l'affût. Je ne le regarde plus. L'évite. Le stress. Je me jette dans les bras des premiers venus, supplie qu'on m'invite, me traine aux pieds des danseurs. Pas lui, pas lui. S'il vous plait, aidez-moi.

Après une tenda bien ennuyeuse avec un inconnu, alors que je vais pour contourner mon poursuiveur qui trône tel un cerbère dans le passage, celui-ci fait un pas de côté pour me barrer le passage. Se pourlèche les babines. M'a pris pour une souris ou quoi ? Non. Je le crie pas mais c'est sec. Sans appel. Mouvement agacé de la main. Rien de plus explicite. Peut-être même ai-je esquissé une grimace. ça s'est fait malgré moi. On pourrait penser qu'avec ça le dit danseur comprenne que ses espoirs ont peu de chance d'aboutir. Eh bien non ! S'il y a un psychiatre dans la salle, qu'il vienne m'éclairer sur le sujet.

Au moment où il voit que j'ai l'intention de partir, la même envie soudainement le saisit. Ah vous partez ? moi aussi. Me voici me précipitant dans les vestiaires, chaussures, manteau. Zut, je l'ai mis où ? je tourne, cherche. Le voilà. Vite. J'ai juste envie qu'il me foute la paix. Coco, laisse moi tranquille. Lui me talonnant. Chaussures manteau. Alors vous avez passé une bonne soirée ? Bof. Prête je me rue vers la sortie, vite l'escalier. Lui me talonnant. Encore. Aussi rapide que moi. Incroyable ! Il n'a pas dû lacer ses chaussures. J'ai des envies de meurtre tout à coup. On s'échange nos mails ? non. Il a l'air étonné. Ah bon ? étonné ? Quel curieux phénomène. Alors il s'agissait d'amour fou pour qu'il s'illusionne ainsi ! C'est sympa pourtant de se dire où on va danser. Non. Je cours presque maintenant. Il se dirige sur la gauche, direction métro, le con ! C'est ça, dégage ! Je prends sur ma droite, obligée de marcher sous la pluie, ça goutte et dégoûte, dég dég dég... Je préfère quand même des trombes d'eau aux lourds qui vous plombent tout.

"Quand une femme dit non, c'est non." Il y en a encore qui n'ont pas compris le message... les cons !

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Claudine 04/06/2016 07:01

Qu'on ("con") nous fasse la cour (courre), à la rigueur....Mais de la façon dont tu as décrit cet épisode,
d'un lourding qui se prend pour un Don Juan....! Au moins, il a le mérite de t'avoir donné matière à écrire, et j'ai bien ri encore une fois avec ta façon de peindre avec humour cette scène....Pour ma part, je l'accrocherai dans la galerie de portraits que l'on croise en milonga avec les profs, simplets, lourdings et autres spécimen.

gribouille 04/06/2016 07:19

En repensant à la course poursuite dans les vestiaires (je n'ai pas du tout exagéré !!) j'ai eu un sacré fou rire dans le métro.
Quand même il a fait fort : de sympathique au début (sans excès, comme ça, le temps d'une tenda, pas plus) il s'est transformé en cauchemar. La galerie de portraits, on la met dans les sous-sols, là où la crue de la Seine déborde. Qu'elle emporte tout !