une soirée de riens, même pas petits...

Publié le par gribouille

Il s'enfourne un chewing gum dans la bouche, il le mastiquera toute la soirée. Il déboutonne sa chemise pour se donner un genre, peut-être même un style. Ha la franche rigolade ! Trois poils s'en échappent, Un torse plat. Me donne pas envie. Et puis j'aime pas les gens qui mastiquent. Mauvais genre. Style de beauf. Assise dans les vestiaires, j'hésite. Tour d'horizon sur la salle. Beaucoup de femmes encore. Des danseurs oui, mais aucun qui me donne envie de me métamorphoser en princesse sur talons hauts. J'attends. Mate l'entrée un peu désabusée. ça vient, ça vient pas ? Un autre se ramène, tout bougonnant, s'exclamant je ne sais quoi, semble pressé, fait trois tours sur lui même, continue à s'exprimer par onomatopées. Vu que je suis seule dans le vestiaire tout ce cirque doit être pour moi. Je suis presque mal à l'aise pour lui. hé ! arrête le cinéma ! Je m'en fous de tes cabrioles. Il s'en va, toujours aussi préoccupé, ou le feignant, déçu peut-être par mon indifférence. Alors ça vient ? Pas envie de payer pour rien. J'essaie de tenir les comptes : quelques gouttes de parfum, fond de teint et mascara, un certain temps à m'habiller, enfiler les collants, du déodorant, de l'énergie pour venir jusqu'ici. Pour rien ? ça arrive au compte-goutte. Rien de bien extraordinaire. Ou pour le dire autrement et plus justement de l'ordinaire. Faudrait que je change de milonga. Mais ce soir là pas grand chose. Paris peut s'avérer bien petit, bien pauvre en distractions. Alors faudrait que je change de danse. Rock, salsa... autre chose. Mais quand même j'aime danser le tango. J'attends, hésite. C'est décidé, je ne danserai pas ce soir. Le métro n'a pas même eu le temps de se transformer en citrouille, il est trop tôt, et en même temps trop tard : tout a été dit, rien en somme. Je me sens un peu abandonnée. La chance ou le hasard heureux qui me quitte. Tout a un goût de déjà-trop-vu. J'essaie de me consoler : une soirée de perdue, dix de réussies...Aïe aïe,avec de tels lieux communs je ne suis pas sortie de la mouise. Ne dis plus rien. Silence. Va te coucher.

Commenter cet article

Alain 29/09/2016 21:47

"fond de teint et mascara", t'ai-je jamais vue ainsi parée ? Au moins, quand tu te moques de moi, ce n'est pas à l'écrit. C'est satisfaisant. T'ai-je jamais vue danser ? Lorsque tu mets tes pantoufles de danseuse, tu ne prends pas ton équipement de cycliste pour que le métro n'ait pas le temps de se transformer en citrouille. J'aime tes dernières peintures.

gribouille 30/09/2016 17:30

moi ? me moquer ? comme si c'était mon genre....