Les défaillances du réel

Publié le par gribouille

Putain, des fois, ça pue le cimetière. C'est tout un charnier en puissance qui tournicote, cocote, cotonneux. Mets ton masque à gaz, sinon tu ressors, t'es déjà à moitié mort. Ah oui, ça me monte au nez : je sens le cadavre, quelques relents. Le métro me guérira. Faut pas se frotter à n'importe qui ma fille. La pestilence je l'ai vu s'agiter. La pauvre donzelle, toute jeune, toute fraiche, effarée, collée à ce vieux truc à la perruque toute défraichie. T'as vu comment elle glisse parfois sur le coté. Non ! ne me dis pas que ce sont ses cheveux, non ! Si ? Mais alors, il cultive déjà les fleurs de sa tombe, le macchabée, toutes rêches sur son crâne agonisant. Tout collé, tout putride, contre ce petit corps de femme, qui voulait s'échapper. Les os grelottants contre cette face toute tendre. Les chicots puants contre cette toute florale gracieuseté. Mais c'est proprement - dégoutant. Tu crois qu'il a cherché à la séduire en plus ? Lui a expliqué l'abrazo fermé, bien fermé : quatre danses avec la mort. Le trauma, qui va te suivre toute ta vie, te filer des hallucinations de revenants. Et rien pour nous sauver. Putain, des fois, tu te crois dans l'arrière fond d'une maison de retraites, et c'est pas les franfeluches et dentiers blanchis qui vont illusionner. Pas même la musique qui d'un coup prend un coup de vieux, c'est le bandonéon qui s'amollit, la flute qui grince, le violon qui chouine. Il se passe quoi ? J'ai du passer dans une autre dimension, un monde parallèle. Elle est où la sortie ? je veux la ville, sa frénésie,  sa capacité à se renouveller à se réécrire sans cesse, à se reinventer sur ses débris, et ses échecs. Je veux. Je me lève, me dirige vers les toilettes, je vérifie : suis-je alzheimer ? j'ai du basculer dans un autre temps, j'en ai pris pour 20 ans. Non mon visage est le même que lorsque je suis rentrée. Pourtant en moi, un sentiment de défaite. Et une sacrée trouille. Non. Tire-toi d'ici! Je me carapate - cataracte. Je plonge. Me laisse entrainer dans le flot. Disparais dans une bouche de métro. Sauve.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Claudine 23/05/2016 16:56

En réponse à ta réponse : Eh bien, viens donc au Barrio ! .....Y a des jeunettes d'au moins, ou tout au plus...et des p'tits jeunes entre 40 et 90 ans....! A samedi donc....

Claudine 22/05/2016 20:44

Ah ma Gribouille ! T es trop ! Après la Cocotte au long cou c est maintenant au tour des vieux beaux d être sous tes projecteurs ! Et comme il y a du vrai ! C est à peine caricaturé et malgré l aspect morbide j ai bien ri aussi ! Y a pas de doute : c est de l'art !

gribouille 23/05/2016 07:54

hahahaha... "à peine caricaturé"... tout de même. Quoique... Maintenant je vais aller trainer dans les milongajardindenfants. question de comparer...